Nihil Futurum...

Horace...

Le point de départ de notre projet se trouve dans la première tragédie régulière française, signée par Pierre Corneille en 1641 et inspirée de l'Histoire romaine de Tite-Live. Celui-ci relate la victoire d'Horace, vainqueur de Rome et meurtrier de sa sœur. Corneille, alors avocat, reprend cette histoire et consacre le cinquième et dernier acte de sa pièce au procès d'Horace, intenté par Valère demandant : "qu'il triomphe en vainqueur et périsse en coupable". 

A partir de la tragédie Horace de Pierre Corneille, nous nous proposons de travailler aux liens qui existent entre Théâtre et Justice. En effet, la racine grecque Krinein (séparer, choisir), est à l'origine de deux termes, ou plutôt deux figures, composant le cœur de notre projet. Car Kritein nous offre Kritês (le juge) et Hupokritês (le comédien). Les questions "Comment juger Horace ?" ou "Comment le jouer ?" finalement, reposent sur la même démarche cognitive, celle que la philosophie nomme "interprétation".

Régis Cayrol, Président de la cour d’Assises de la cour d’Appel de Montpellier, présidera le procès d'Horace tel qu'il se tiendrait aujourd'hui avec les mêmes chefs d'inculpation.

De l'alexandrin classique au dilemme cornélien, nous parlerons de notre soif de justice, de nos barrières morales, du regard que nous portons aux victimes et du redoutable instant où nous croyons nous reconnaître dans le coupable que nous accusons...

Nihil Futurum est soutenu par le Théâtre Jacques Coeur - Montpellier/Lattes, par le Théâtre Jean Vilar - Montpellier et par le Théâtre La Vignette dans le cadre du Festival Novo (ENSAM - DPEA Scénographie, Faculté de Droit UM, Master Création UPV-MTP3)

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Cinna...

Suite à Horace... Un semblable forfait, nous envisageons de poursuivre notre travail autour des pièces politiques de Pierre Corneille. Cinna est l’histoire d’un coup d’état. Corneille y explore les conditions d’une justice politique à même d’apaiser les tensions sociales d’une nation. Il interroge le machiavelisme politique dont il confie à Livia, l'impératrice, le soin d'en porter la parole.  Dans cette pièce, Corneille se concentre sur la dernière victoire d’Auguste, qui le fit désamorcer la conjuration de Cinna. Néanmoins, il nous semblait important de ne pas oublier les conditions qui ont permis à Auguste de prendre le pouvoir et de le garder toute sa vie de manière absolue, malgré les allures républicaines qu’il donnait à son règne. C’est la peste, en 22 av JC qui poussa le peuple à la « servitude volontaire » (le terme est d’Etienne de La Boétie - 1576). De crise en crise, Auguste a pris les pleins pouvoirs sans que personne ne s’en aperçoive, la paix joint à l’abondance étant le meilleur aveuglement des peuples. Contrairement à Corneille, c’est donc à la peste de Rome que nous situons le début du drame. 

 La pièce mêlera l’alexandrin classique, l’écriture philosophique et la prose contemporaine.

Nihil Futurum est soutenu par le Théâtre Jacques Coeur - Montpellier/Lattes, par le Théâtre Jean Vilar - Montpellier et par le Théâtre La Vignette dans le cadre du Festival Novo (ENSAM - DPEA Scénographie, Faculté de Droit UM, Master Création UPV-MTP3)

L'équipe Nihil Futurum
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Pierre Corneille,
Poème dramatique

Pierre Corneille a suivi des études de droit et occupé un office d’avocat, à Rouen, avant de se tourner vers le Théâtre.

Cette formation juridique est perceptible dans la truculence de sa langue, et dans le goût certain qu’il porte à l’articulation politique/juridique dans bon nombre de ses tragédies. Horace, première tragédie régulière écrite en 1641, est à ce propos exemplaire. Corneille consacre le dernier Acte au procès d’Horace et donne à voir, par ce biais, la naissance d’un état de droit.

Marie Reverdy,
Dramaturgie / Mise en scène
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Marie Reverdy est dramaturge, elle travaille auprès de plusieurs compagnies de théâtre et de danse, à Montpellier, Toulouse et Marseille. Elle enseigne la dramaturgie à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3, à la FAI-AR (Marseille), au Conservatoire de Montpellier et à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Montpellier.

 

Régis Cayrol,
Présidence
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Avec : Virginie Bertran (Avocate), Emeline Blanc (Comédienne), Nathan Le Pommelet (Comédien), Tamaris Füstenheim (Eleve Avocate), Régis Cayrol (Magistrat), Félix Rudel (Comédien), Didier Taudière (Comédien), Jules Tricard (Comédien), Clara Vidal (Comédienne)

Vidéo : Marie Reverdy, Fabio Coelho et Nicolas Crespo
Lumières : Emmanuel Gaudillière et Nicolas Crespo
Son : Marie Reverdy
Assistant à la mise en scène : Cyprien Deve

Ancien commissaire de police devenu juge, Régis Cayrol partage sa vie entre justice et culture. Il est à la fois Président de la cour d’assises de la cour d’appel de Montpellier, et Président de la scène nationale Le-Cratère-Théâtre d’Alès.

Dans ce projet, Régis Cayrol jouera son propre rôle, celui de Président de la cour d'Assises. Il incarnera également le roi Tulle, rendant la justice à la fin de la pièce originelle.

Horace...

Cinna...

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Nicolas Machiavel –
Conseiller en Science Politique

Niccolò di Bernardo dei Machiavelli est un penseur humaniste italien né le 3 mai 1469 à Florence, ville où il meurt le 21 juin 1527. Théoricien de la politique (il est l'un des fondateurs du courant réaliste en politique internationale), de l'histoire et de la guerre, tout autant que poète et dramaturge, il a également été, durant 14 ans, fonctionnaire de la République florentine pour laquelle il a effectué plusieurs missions diplomatiques, notamment auprès de la papauté et de la cour de France. Pendant ces années, il observe de près la mécanique du pouvoir et le jeu des ambitions concurrentes. Il est auteur de deux ouvrages majeurs : Le Prince et Discours sur la première décade de Tite-Live. Dans Le Prince, Machiavel réfute toute conception morale du pouvoir : le chef de l’état ne doit pas obéir à une morale fixe, mais s’adapter aux circonstances, ce qu’il appelle la fortune. Aujourd’hui, on qualifierait cette position par le terme « pragmatisme ».


Avec : Jules Tricard, Emeline Blanc, Clara Vidal, Nathan Le Pommelet, Félix Rudel, Marion Rozé.
Musique : Manusound et Marc Sens
Scénographie : Michaël Viala
Son : Marie Reverdy 
Lumières : Nicolas Crespo
Vidéo : Marie Reverdy et Nicolas Crespo
Conception et réalisation : Marie Reverdy